Le furet











Le furet mâle atteint sa maturité vers 8 à 12 mois et est en activité sexuelle entre décembre à août; la femelle est prête pour se reproduire entre 7 à 10 mois et a un oestrus (chaleurs) qui va de mars à août et qui n'est interrompu que par l'accouplement car c'est une espèce à ovulation provoquée, ce qui aura des répercussions médicales importantes (voir plus bas). Cette période de grande activité s'accompagne d'une perte de poids par fonte des graisses pouvant atteindre 40 %. Après une gestation d'environ 42 jours, la mère qui peut revenir en chaleur dans les trois semaines met au monde des petits qui sont nus et aveugles, qui peuvent être au nombre de huit et qui seront sevrés 6 à 8 semaines plus tard. Son espérance de vie est d'une dizaine d'années et l'alimentation est basée principalement sur de la nourriture spécifique au furet (nourriture en vente dans le commerce (attention à sa composition, pas trop de fibres et elle doit être riche en taurine) ou alors une nourriture plus naturelle à base de "proies" (poussins, cailles, pigeons, gibiers)). J'insiste sur le fait que ça doit être des "proies" qui contiennent de l'os (riche en calcium) et pas simplement de la viande car celle-ci contient trop de phosphore et pas assez de calcium. Evidemment, il faut faire attention aux morceaux d'os trop pointus qui peuvent blesser l'intestin ! Eviter le lait (si vous voulez absolument en donner, il faut privilégier celui pour chat car celui de vache contient trop de lactose), les sucreries, le chocolat (qui contient de la théobromine très toxique, elle est présente en grande quantité dans le chocolat noir, un peu moins dans celui au lait, nettement moins dans le chocolat blanc ) et donner très peu de féculents (max. 15% de fibres dans la ration). L'alimentation ne doit pas non plus contenir trop de poisson et d'oeuf cru. Se méfier aussi du sel et de la viande de boeuf (allergie possible). En France, il existe une nourriture naturelle broyée et basée sur 85 % de proies et 15 % de féculents à laquelle on ajoute un complexe vitaminé (c'est excellent car elle se rapproche le plus de la nourriture que le furet trouve à l'état sauvage, malheureusement c'est difficile à trouver en Belgique). Apprendre à un jeune furet à ne pas mordre est une étape qui prend du temps. Voici quelques trucs pour y arriver : La première chose à faire même si ce n'est pas évident est de ne pas tenter de retirer son doigt car il va avoir l'impression que la prise lui échappe et il va serrer plus fort, par contre il est nécessaire de crier un "non" ferme, c'est l'intonation de la voix qui compte et pas le mot prononcé. Les plus téméraires tentent même d'enfoncer plus profondément leur doigt dans la bouche du furet afin de provoquer chez lui une sensation désagréable et éviter ainsi qu'il ne recommence. Une autre solution est d'ignorer l'animal en le mettant dans une cage pour qu'il ressente une impression de "punition", mais il ne faut évidemment pas le mettre dans sa propre cage car sinon il pensera être puni constamment. L'inverse est possible aussi c'est de récompenser l'animal (friandise, jeu), une fois qu'on l'empêche de mordre. Mais évidemment il se peut aussi qu'il continue à mordre juste pour recevoir sa récompense ce qui n'est bien sûr pas le but. Dernier moyen : le prendre par la peau du cou et le secouer légèrement. Mais le plus important c'est qu'il doit se sentir en confiance, il faut pour cela laisser le furet venir à vous, en effet, beaucoup de morsures viennent du fait qu'on veut prendre l'animal sans son consentement ce qui provoque une mauvaise interprétation du geste amical. Le furet est donc un animal particulier à mi-chemin entre les canidés et les félidés. En effet, il se stérilise, se vermifuge et a besoin de litière pour faire ses besoins comme un chat, mais il se vaccine comme un chien en ce qui concerne le carré et la rage. Si les jouets sont utiles pour le furet, il faut proscrire absolument dans la cage, tous les objets qu'il peut casser et avaler (balle en caoutchouc par exemple) afin d'éviter les blessures et les perforations ou les obstructions intestinales. En ce qui concerne les ongles, il n'est pas utile de les couper régulièrement sauf si l'animal ne fait pas d'excercice, à ce moment l'idéal est de contacter un vétérinaire afin d'éviter de sectionner la veine qui provoque un saignement abondant. De plus, même s'il peut être facilement éduqué et domestiqué, le furet reste un prédateur, sa proie préférée étant le lapin qu'il faut garder à distance...
La vaccination
Les deux vaccins primordiaux à faire au furet sont la rage si l'on se trouve dans une région à risque ou en cas de voyage et aussi et surtout le carré qui se manifeste par une conjonctivite, une congestion des lèvres, un oedème péri oculaire, et même une agressivité en cas de troubles nerveux, l'animal peut en mourir ou garder d'éventuelles séquelles en cas de guérison. Il est important de remarquer que le furet peut attraper le virus même sans sortir car les hommes peuvent le transporter sur leurs vêtements, etc...

Les vaccins se pratiquent :
- pour le carré : plusieurs protocoles existent suivant que la mère est immunisée ou non et suivant le type de vaccin utilisé. En effet, il n'existe actuellement pas de vaccin enregistré pour le furet en Europe, il faut donc en utiliser un pour chien.
- pour la rage : première fois à l'âge minimum de 3 mois. Avec des rappels qui dépendent de la marque du vaccin utilisé. Il est aussi important de noter qu'en cas de première vaccination et d'un voyage à l'étranger, la validité légale du vaccin prendra seulement cours 21 jours après son injection. Sans oublier que certains pays demandent de réaliser une prise de sang afin de démontrer que l'animal est bien immunisé.
Les maladies
Le système reproducteur
Si la stérilisation du mâle est conseillée afin de supprimer l'influence des sécrétions hormonales sur la décharge odorante des glandes anales et sébacées, l'ovario-hystérectomie chez la femelle est fondamentale non seulement pour la même raison que le mâle mais aussi pour de nombreuses autres que je vais maintenant détailler. L'oestrus permanent pendant la période de reproduction décrit plus haut provoque une sécrétion accrue d'oestrogènes qui peuvent entraîner une aplasie médullaire (pas de production de GR et GB) avec anémie, diminution de l'immunité, pétéchies et paralysie des membres postérieurs. Une gastrite hémorragique et des dépilations du ventre et de la queue ne sont pas rares. Il faut cependant signaler que cette perte spécifique de poils peut aussi se produire en cas de tumeur des glandes surrénaliennes avec cushing (amyotrophie, polyurie/polydipsie, etc...). Le climat hormonal peut aussi provoquer une métrite ou un pyomètre (infection de la matrice avec ou sans fermeture du col) et des tumeurs mammaires chez les animaux plus âgés. La pseudo-gestation (abdomen distendu et lait dans les mamelles) est aussi une complication fréquente suite à un accouplement sans fécondation qui provoque quand même l'ovulation. Comme vous pouvez le constater la stérilisation qui peut être pratiquée dès l'âge de 6 mois évite bien des désagréments. Durant la gestation peut se produire une mort brutale suite à une toxémie, c'est une pathologie encore mal connue mais qui peut parfois arriver. En revanche, une maladie plus courante est l'hypocalcémie de lactation lorsque la femelle nourrit ses jeunes, la priorité est donnée à la présence du calcium dans le lait et la mère peut donc venir à en manquer ce qui provoque des troubles "nerveux". Une alimentation équilibrée et plus riche en calcium permet de l'éviter.
Les autres pathologies les plus fréquentes
La grippe humaine : écoulement nasal purulent et fièvre pendant deux semaines.

La teigne : lésions circulaires avec croûtes.

Les parasites : les aoûtats, les vers, la gale sarcoptique et démodectique, la gale auriculaire, les tiques et les puces (pour avoir une description plus spécifique, l'idéal est de consulter la page sur les parasites).

L'hyperadrénocorticisme : qui se caractérise par une hypertrophie et une activité accrue d'une ou des glandes surrénales qui secrètent l'adrénaline, le cortisol et des stéroïdes sexuels. Les femelles sont les plus touchées et c'est surtout ces derniers qui sont augmentés ce qui provoque même chez l'animal stérilisé des symptômes de type "sexuel" (par exemple un oedème de la vulve) avec une dépilation symétrique qui commence généralement à la queue et puis qui s'étend à tout le corps. Une léthargie est souvent constatée. Remarque si seule la queue est atteinte, il ne faut pas confondre avec l'alopécie saisonnière (mue du printemps et de l'automne) qui est tout à fait normale. Le diagnostic différentiel concernant la perte des poils reprend aussi les infections parasitaires décrites plus haut. Chez le chien, le même phénomène provoque plutôt une augmentation du cortisol qui donne le syndrôme de Cushing.

Les lithiases (calculs urinaires) : en cas d'alimentation riche en protéines végétales (boites pour chat contenant du maïs).

L'insulinome : qui se caractérise par une hypersécrétion d'insuline avec diminution du "sucre dans le sang" ce qui provoque une léthargie et un ptyalisme (salive abondante).

Le diabète : phénomène inverse de la pathologie précédente avec léthargie, polyurie/polydipsie et un amaigrissement éventuel.

La maladie aléoutienne : diarrhée due au virus de la parvovirose (typhus) spécifique au furet. Il n'existe pas de vaccin. Utiliser celui du chien ne sert à rien car les souches sont trop éloignées génétiquement.

La rotavirose : virus qui donne des diarrhées verdâtres chez les jeunes de 2 semaines.

Les ulcères gastriques à Helicobacter Musteli : cette bactérie attaque la muqueuse ce qui provoque des vomissements et de l'anorexie. A ne pas confondre avec ceux dus au stress ou à une privation d'eau...

Il existe aussi une série de maladies plus classiques : problèmes cardiaques, diarrhées bactériennes, etc...

Il ne faut pas non plus oublier qu'à partir du premier octobre 2004 les furets qui voyagent doivent être identifiés voir la page identification pour en savoir plus.

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Texte mis à jour en juin 2008.
 
 
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